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C'est le dernier café à la mode. Les webmarketers s'y inscrivent en
masse depuis juillet 2007 pour comprendre ce phénomène autour d'un
service, un peu déroutant tellement sa valeur ajoutée est faible, vue
de l'extérieur.
Tous s'interrogent sur la façon dont Facebook peut s'intégrer dans le cadre d'une campagne marketing.
Facebook est un réseau social dont le succès est "accidentel" (le service presse de la société vous le garantit): un étudiant de Havard crée un petit service dans sa chambre d'étudiant pour mettre en réseau tout le campus d'Harvard et, puis, tout à coup, les étudiants d'Havard, invite leurs amis extérieurs, puis, qui invite à leur tour, d'autres amis... L'histoire rappelle
Il existe pourtant des services équivalents en France, depuis plusieurs années tels que trombi.com ou copainsdavant.com qui connait un réel succès. Facebook est revenu sur le devant de la scène pour plusieurs raisons:
- l'ouverture de sa plateforme aux widgets (applications que l'on peut installer sur son profil) en juin 2007
- une excellente campagne de relations publiques, avec la success story telle que les agences de contenu américaines savent en produire pour les networks.
La réalité derrière le miroir FacebookIl existe des besoins croissants de mise en réseau social sur internet: retrouver des amis perdus, échanger des images avec sa famille, etc... Cet étudiant, en a fait l'expérience il y a quelque années, s'est probablement inscrits sur les services précurseurs (Hi5 ou Friendster, par exemple) et, en sortant d'un cours sur le positionnement marketing d'un produit, a du parier sur le fait qu'il existait un créneau à prendre dans le monde étudiant. Il a testé son application sur le campus d'Havard et voyant que la sauce prenait, a du en faire un projet de fin d'étude. Quelques semaines, plus tard, l'incubateur d'Havard, très en retard en matière de success stories internet, notamment par rapport au MIT, a probablement mandaté des professeurs pour aider l'étudiant à élaborer un business plan qui lui permettrait de lever deux ou trois millions de dollars en seed money. L'ouverture aux autres universités a donc, vraissembablement été soigneusement calculée si l'on se rappelle du mode d'inscription sur le service il y a encore un an. Rien n'est donc du au hasard.
La question de la longévité du modèle FacebookLes réseaux sociaux, de part leur nature virale, peuvent développer rapidement leur audience. Pour cela, il faut que quelques ingrédients soient réunis: arriver au bon moment, toucher une cible fortement demandeuse de contacts et déjà organisée en réseau, avoir des relais média important ainsi qu'un coeur de membres qui soient fortement prescripteurs. La recette n'est pas magique: l'échec de Wat.tv, un clone de Myspace en est la démonstration.
Facebook remplit toutefois, l'ensemble de ces conditions et s'appuie sur une plateforme technologique relativement solides. Un autre élément explique le succès de Facebook: face aux faiblesses de la plateforme par rapport à Myspace, la société a su copié et amélioré un élément stratégie déterminant lié au succès de Myspace: les widgets, ces applications développée par des développeurs indépendants ou de petites sociétés qui enrichissent les fonctions offertes par Facebook. Myspace a été le précurseurs mais a été dépassé par leur développement et n'est pas parvenu à les contrôler. L'audience de Myspace est là, dans difficilement exploitable dans un cadre publicitaire car la plupart des pages Myspace ressemblent à des chambres de lycéens bardés de poster et de choses qui clignotent: outre le faire qu'un bandeau publicitaire se retrouve noyé, les reproductions illégales de matériel sous copyright sont légions sur le site. Ruppert Murdoch a racheté le réseau en 2005, mais aura du mal à le rentabiliser. En revanche, ce rachat a fait augmenter la part d'audience internet de son groupe. Toujours bon pour les marchés.
Néanmoins, Facebook a pris conscience début 2007, du fait qu'un trombinoscope sur internet reste un trombinoscope et que pour créer un business model, il fallait enrichir le services. Dans un monde internet résonnant au clairon des légions du « UGC-user generated content » (ou 'contenu généré par les utilisateurs »), Facebook a décidé d'ouvrir les portes de Myspace aux développeur extérieurs. Depuis juin 2007, on trouve donc des milliers d'applications (en générale, totalement inutiles, donc absolument indispensables) que l'on peut adjoindre à son espace Facebook. Parmi les plus connus: Vampires (vous recevez un message d'un ami qui vous mord et vous devenez un Vampire. Avide de sang à votre tour, vous piegez votre réseau d'amis et leur proposez de rejoindre la confrérie des Vampires. Autre application: « Avez vous le profil d'un millionnaire ? », un test sous forme de questions qui annonce la probabilité qu'un jour, vous deveniez millionnaire.
C'est le développement de ces applications, ainsi que l'ouverture sur l'étranger qui a peris à la plateforme de rattrapper son retard, en quelques mois sur Myspace. Le problème est que passé une phase de croissance, la plupart des réseaux sociaux entre dans une phase de désaffection. Pour vous en convaincre, interrogez ceux de vos amis qui ont créé un espace Myspace en 2006. Qui le met encore à jour. En 2007, comme me le disait une étudiante anglaise croisée dans une auberge de jeunesse en Argentine, "Myspace sucks" et "Facebook is in" La réelle utilisation de FacebookAu delà du catalogue de fonctionnalités offertes par la plateformes, seule une poignée d'entre elles, est utilisée, de façon récurrente: la recherche d'amis perdus de vue, le partage de photo et le travail en groupe (surtout chez les étudiants).
Pour le reste, la dynamique de Facebook est parallèle à celle de Myspace ou de Linkedin (un réseau social réservé aux professionnels): on crée un compte sous la pression sociale d'amis qui indiquent que le service est fantastique et tout nouveau, mais au bout de quelques semaines, la majorité des utilisateurs cessent de s'envoyer des mails via la messagerie Facebook et de se connecter. Ils ne reviennent sur Facebook que pour accepter des invitations d'amis.
Le nombre de membres annoncés (80 millions qui deviendront probablement 150 millions d'ici un an) ne reflète pas l'importance du service car la plupart des membres ne sont pas actifs.
Le business model de FacebookFin octobre 2007, le fondateur de Facebook réunit, sur la notoriété grandissante de son service estampillée Web 2.0, 250 décideurs du web pour leur annoncer la nouvelle version de l'offre publicitaire de Facebook. La révolution, qui se présente comme une rupture, après 100 années de communication mass media, est un pétard mouillé.
Le fondateur se contente d'annoncer que les entreprises pourront créer des espaces Facebook enrichis et qu'elles pourront diffuser de la publicité, de façon contextuelle. Elles pourront choisir à quel type de profil sera envoyé la publicité sous forme de bandeau (en fonction de la CSP, de l'origine géographique et des goûts de chaque membre). Facebook est donc appelé à devenir un support de publicité qui cible mieux que ses concurrents. Mais, pas de révolution comparable à celle introduite par Goto.com en 1999 qui inventa cette année-là la vente de liens sponsorisés aux enchères et par la même occasion, sauva de la faillite, les moteurs de recherche et prépara un avenir glorieux à Google. Le marketing dans les moteurs de recherche (référencement naturel et liens sponsorisés) représente la véritable rupture publicitaire d'internet car il repose sur la diffusion de publicité qui ne s'affichent qu'au moment précis où l'internaute recherche un produit ou un service.

Faut-il intégrer Facebook dans sa stratégie de web marketing ?Jusqu'à présent, Facebook a été utilisé de trois façons.
Tout d'abord, de façon artisanale, en prenant des contacts commerciaux comme on le fait sur Myspace ou Viadeo.com. La plateforme permet d'identifier rapidement des contacts professionnels (via leur fonction ou leur société) ou des particuliers en fonction de leurs centres d'intérêts qui permettent d'induire des besoins liés à ces centres d'intérêts.
Ensuite, quelques milliers de petits entrepreneurs ont utilisé le système des Facebook Flyers, un format publicitaire hybride qui mèle Texte et photos au format timbre poste. Ce système est particulièrement adapté aux services internet qui ciblent les étudiants et ont besoin de faibles volumes de trafic sur leur site. Enfin, l'exploitation essentielle consiste en la diffusion de bandeaux. Avantage: la charte graphique étant épurée, les bandeaux d'un format déspérément classique, sont visibles. Désavantage: les bandeaux sont en rupture total avec le contexte de consultation du site qui est proche des sites de webmails (de type Yahoo) où la publicité est d'une relative inefficacité, en raison de la concentration des internautes sur leur réseau et de leur hemerticité à la publicité presque totalement ignorée. Les opérations de marketing à lancer sur Facebook
Il existe, néanmoins des perspectives intéressantes pour organiser des opérations de promotion sur Facebook.
La plus prometteuse, mais aussi la plus immature est l'utilisation de widgets (voir notre article sur le widget marketing ), ces applications qui enrichissent un espace Facebook.
Les widgets sont un des seuls formats qui permette à une marque d'entrer en contact de façon positive, avec un fort niveau d'attention, avec les membres de Myspace.
L'objectif est de créer une application que les internautes se transmettent spontannément. Pour cela (et, il s'agit d'un réelle difficulté), il faut inventer un concept qui reçoivent un écho auprès des membres. Soit l'application rend un service réel (les prévisions météo, par exemple), soit l'application existe, de part son caractère innovant ou humoristique. On retrouve les éléments centraux des widgets que l'on installe sur son bureau comme le Widget de Southwest Airlines. Particularité des widgets Facebook, lors de leur installation par l'utilisateur, il est culturellement acccepté de proposer à ce dernier de pousser l'application vers les membres de son réseau En terme de retour sur investissement, on ne peut en attendre que de l'image et de la notoriété.
Autre tactique dans la même lignée: lancer une campagne de bandeaux sur Facebook pour lancer un widget de bureau: c'est ce qu'a fait UPS pour augmenter le nombre de téléchargement de son widget de tracking de paquets confiés à UPS. 
Quel est l'avenir de Facebook ?Facebook va probablement devenir le premier service de recherche de personnes de la planète: si Facebook franchit d'ici 2010, le cap des 20% des internautes inscrits (soit 200 millions de personnes, contre 80 millions actuellement) d'ici 2010 pour 6 millions de Français (contre probablement 1 million à fin 2007), Facebook deviendra, paradoxalement un concurrent des pages blanches. Ce qui lui assurera un nombre de connexion substantiel.
Si Facebook souhaite autre chose qu'un face book (trombinoscope), Facebook aura besoin d'application qui apporte une valeur ajoutée supérieure à celle des widgets actuels (le modèle de Netvibes qui repose sur des bases similaires s'essoufle).
Son business model est fragile lorsque l'on sait que la publicité révolutionnaire telle que la propose Facebook depuis fin octobre 2007, va devenir la norme et suffit rarement à assurer l'équilibre financier d'un site. Le développement et la survie de Facebook tient donc beaucoup à sa capacité un business model réellement nouveau.
Dans un contexte de spéculation aussi fort qu'on l'a connu à la fin de la bulle internet de l'année 2000, Microsoft, totalement exclus de la vague des réseaux sociaux (en dépit du lancement des MSN Spaces), a pris une part dans le capital de Facebook qui valorise la société environ 10 milliards d'euros. Cette valorisation est sans commune mesure avec les perspectives de dévelloppement de Facebook dont le business model repose sur un modèle de publicité « révolutionnaire » au dire de son fondateur (traduisez « extrêmement risqué et expérimental »). Il est probablement que l'on assistera un phénomène de dévalorisation à moyen terme comme cela a été le cas de Skype racheté par Ebay deux fois trop cher (4,3 milliards de dollars, soit 1,2 milliards de dollars trop cher aux dires d'Ebay) Le conseil de NeodiaEn attendant, le meilleur moyen d'utiliser Facebook en tant qu'outil de webmarketing est probablement de créer un widget, un espace pour votre entreprise, de lancer des Facebook Flyers et de préparer une jolie histoire à proposer à la presse offline.
Le retour presse des pionniers du Facebook marketing sera infiniment supérieur à l'attention et au trafic que vous capterez auprès des membres de Facebook sur le site lui-même.
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